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Le Castellas, Martin Philippe
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Le quartier du Barry et le Castellas, Piquart Grietje_Communauté de Communes Vallée de l’Hérault

Histoire 

À l’époque moderne, le Castellas et son environnement sont achetés par la municipalité en 1794. En 1843, l’abbé Albe, natif de Montpeyroux, engage des travaux au château. Il voulait bâtir un oratoire dominant le village. Sans attendre l’avis des autorités nationales, mais avec l’appui du préfet, il fait construire un site charitable composé d’un chemin carrossable, d’une chapelle monumentale dédiée à Notre-Dame-de-la-Salette, de deux citernes et fait dresser une statue visible de très loin. Le 22 novembre 1864, le maire et les consuls donnent à l’unanimité un avis favorable au projet de l’abbé. Par testament, le Castellas revient à ses héritiers, la famille Poulaud. C’est cette famille qui conserve le château pendant 52 ans. Selon les vœux testamentaires de l’abbé, le château sert d’orphelinat de jeunes filles, jusqu’en 1913. En 1937, les héritiers cèdent toutes les possessions du Castellas à Monsieur Élie Carrière, curé de Montpeyroux. Celui-ci fait consolider la chapelle qui résiste quelques années à la ruine, mais il trouve la mort en 1940, lors de l’écroulement du deuxième étage de l’orphelinat. C’est alors Massol Marcel, son principal héritier, qui prend sa succession. Avec lui, des démolitions intérieures ont lieu, avec une récupération des pierres taillées. En 1943, les remparts sont classés au titre des Monuments historiques. Depuis 1983, le Castellas est la propriété du Département. En 2010, des travaux  de mise en sécurité ont été faits afin de sauvegarder les éléments architecturaux importants, comme l’enceinte constituée de murailles défensives des XIIe et XVIe siècles ainsi que ses  trois tours.Des documents de 999 et 1097 mentionnent qu’il y eut une fortification sur la colline surplombant Montpeyroux, mais les premières réelles informations proviennent du Cartulaire d’Aniane en 1212. La configuration du castrum y est évoquée. Ainsi, le document décrit la muraille extérieure, la barbacane, une poterne, plusieurs maisons dont deux appartenant à la noblesse, un chemin pavé entre deux portes et une place. Un document de 1213 nous apprend également l’existence d’une tour. Historiquement, on pense que la construction du Castellas remonte à Bernard d’Adiciano, vers 1070. Symbolisant l’indépendance seigneuriale, le château sert à établir les limites du territoire. L’implantation de la forteresse explique sa fonction. En effet, le premier but du  château est de servir de caserne perchée afin de surveiller étroitement l’agglomération d’Adiciano. À cette époque, dix seigneurs copossesseurs sont cités. Cependant, le seigneur privilégié était Pierre Ermengaud de Raymond. Les familles seigneuriales principales qui se sont succédé jusqu’au XVe siècle sont : les Raymond-Mandagot et les Roquefeuil. D’après l’étude d’Aline Durand, le château de Montpeyroux ne s’est jamais dissocié de l’église, ce qui est assez énigmatique pour un castrum. Selon le cartulaire d’Aniane de 1212, il est patent que les seigneurs, dès le XIe siècle, rendaient régulièrement hommage aux abbés d’Aniane et avaient la reconnaissance des fiefs. Ainsi, on sait que Pierre Raymond reconnaissait tenir son fief du monastère. Au XIIIe siècle, avec l’achat des privilèges de 1249, le château perd son caractère de seule demeure seigneuriale. Durant la guerre de Cent Ans, le Castellas est partiellement détruit par les Anglais. Il est consolidé sur ordre du dauphin, futur Louis XI, à la fin du XVe siècle. Cependant, c’est à cette époque que le seigneur privilégié, Philippe des Deux Vierges, l’abandonne pour un nouveau château plus confortable, situé dans le Barry. S’il n’est plus la demeure seigneuriale, le Castellas continue d’être un lieu de refuge pour les populations et leurs troupeaux. Pendant les guerres de religion, les protestants l’occupent, mais en 1567, le catholique maréchal de Joyeuse prend le fort.

Description

En 2010, des ruines présentes dans l’enceinte ont été démolies avec l’autorisation de l’Architecte des Bâtiments de France. Ces dernières provenaient de l’établissement religieux construit en 1863 (incluant la chapelle Notre-Dame-de-la-Salette) qui avait malheureusement effacé les traces des bâtiments plus anciens.

 

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Castellas, Piquart Benoit_Office de Tourisme Intercommunal de Saint-Guilhem-le-désert_Vallée de l’Hérault

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Castellas, Piquart Benoit_Office de Tourisme Intercommunal de Saint-Guilhem-le-désert_Vallée de l’Hérault

Les vestiges du premier enclos fortifié du château sont encore décelables et permettent de donner une idée de l’épaisseur des murs. Les matériaux employés sont le calcaire local et la dolomie comme liant de la chaux. L’appareillage horizontal des murailles suit les courbes de niveau et présente au nord une constitution en arête de poisson. De nos jours, il ne subsiste donc du Castellas que les trois tours et des restes de rempart dont la partie nord a gardé ses créneaux qui datent des guerres de Religion du XVIe siècle.

Des transformations architecturales ont modifié, au cours des siècles, certains aspects des courtines.

Ainsi, aucune archère n’existe dans l’épaisseur des merlons et les trois tours de plan barlong ne comportent aucune ouverture en meurtrière vers l’extérieur. Malgré les diverses modifications subies au cours de son histoire, le Castellas a su garder son essence médiévale faisant du site de Montpeyroux un important témoin des lieux de pouvoir et de fortification existant en Pays Cœur d’Hérault.

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