Origine du nom

L’étymologie de la commune est étroitement liée au fondateur de l’abbaye, Saint-Benoît d’Aniane.

Celui-ci vint en Occitanie au VIIIe siècle et s’installa dans un endroit quasi désertique, au bord d’une petite rivière qu’il nomma « l’Anian ».

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Aniane est à 35 km au nord-ouest de Montpellier. Le village est situé dans une plaine verdoyante, entre une mosaïque de vignes, de jardins et d’oliviers.  La commune est arrosée par l’Hérault avec les rivières de la Corbière, Gassac  et le Rieu.

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Micola Luc_Pays Cœur d’Hérault

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Piquart Benoit_Office de Tourisme Intercommunal Saint-Guilhem-le-Désert/Vallée de l’Hérault

La vie de Saint-Benoît d’Aniane

 751 : Le futur Saint-Benoît d’Aniane, d’origine wisigothique, est né « Witiza ». Il est le fils d’Aïgulfe, Comte de Maguelone (ancienne ville épiscopale) et valeureux combattant dévoué à la cause des Francs. Witiza est éduqué à la Cour de Pépin le Bref, père de Charlemagne, et se lie d’amitié avec un cousin de ce dernier : le futur Saint-Guilhem.

 774 : Servant dans l’Armée dans le cadre de la campagne d’Italie menée par Charlemagne, Witiza frôla la mort en sauvant de la noyade son frère Amicus. Ayant fait vœu d’embrasser les ordres s’il y parvenait, il devint moine au Monastère de Saint-Seine (près de Dijon), prenant le nom de Benoît.

785 : Refusant l’application relâchée de la règle de Benoît de Nurcie (que ce dernier rédige en 540 au Mont Cassin en Italie, acte fondateur de l’ordre bénédictin), Benoit quitta Saint-Seine pour se retirer en Occitanie dans un endroit quasi désertique, au bord d’une petite rivière qu’il nomma « l’Anian » (sans doute en hommage à l’Anio d’Italie). C’est au bord de ce petit affluent de l’Hérault (nommé « Corbière » aujourd’hui) qu’il fonda les bases de l’abbaye d’Aniane.

L’activité de son monastère qui attirait une communauté de moines de plus en plus importante, ainsi que de nombreuses personnes extérieures, va être à l’origine de la création de la commune d’Aniane. Benoit fut alors contraint de construire un monastère plus grand, doté de 3 églises qui avait la capacité d’accueillir 300 moines.

Pour cela, il bénéficia du soutien de l’empereur, Charlemagne, qui le connaissait et l’appréciait et  qui lui accorda de nombreuses donations.

L’aura de Benoît d’Aniane était telle que l’archevêque de Lyon lui demanda des moines pour son abbaye de l’Isle-Sainte-Barbe, qu’il plaça sous sa juridiction. L’évêque d’Orléans fit de même pour l’abbaye de Saint-Mesmin et Alcuin, comme pour celle de Cormery en Touraine. Il fut aussi appelé à fonder plusieurs monastères à Ménat en Auvergne, à Marmoutier en Alsace, etc.

804 : Le comte Guilhem fit construire une petite celle dans la vallée de Gellone où, sur sa demande, son ami Saint-Benoît envoya quelques moines. Ainsi, Guilhem viendra par période mener la vie monastique dans cette dépendance de l’abbaye d’Aniane, puis y fera construire à son tour, un grand et beau monastère pour s’y retirer définitivement : c’est le monastère de Saint-Guilhem le Désert.

815 : Appelé par Louis le Débonnaire (« Louis le Pieux », fils de Charlemagne décédé en 814), Benoît d’Aniane commença à résider au nouveau Monastère d’Inde (Cornelimunster) à Aix-la-Chapelle que le nouvel empereur lui avait fait construire.

817 : Louis le Débonnaire réunit en assemblée les abbés des nombreux monastères de l’empire carolingien à Aix-la-Chapelle, sous la direction de Benoit. Il lui fut alors confié la grande responsabilité de rétablir l’observance de la règle bénédictine dans tout l’empire.

821 : Mort de Benoît d’Aniane à Aix-la-Chapelle.

Histoire d’Aniane

Le village d’Aniane, fondé au VIIIe siècle, doit son origine à Saint-Benoît qui, séduit par l’endroit, y bâtit son abbaye. Si le village date du VIIIe siècle, ses traces d’habitation sont plus anciennes. Deux centres connus témoignent de l’occupation gallo-romaine. La villa Mons Asinarus (Mas de Daumas) et le castrum de Montcalmès[1].

Jusqu’à la Révolution, Aniane dépendait du diocèse de Montpellier et relevait de l’archiprêtre de Viols. La commune faisait partie de la Viguerie de Gignac, Sénéchaussée de Carcassonne et de Béziers. Troisième ou quatrième ville du diocèse, elle envoyait à son tour un député aux Etats du Languedoc. L’abbé d’Aniane était le seul seigneur du pays et de ses dépendances. Au total, 76 abbés se sont succédés qui détenaient la haute, la moyenne et la basse justice. La commune possédait une cour, composée d’un Viguier, d’un juge, d’un procureur juridictionnel, d’un greffier et de plusieurs assesseurs. Ces derniers rendaient justice au nom de l’abbé, dans la Maison abbatiale ou dans la salle de l’Aumône. Au XVIIe siècle, l’évêque de Montpellier érigea la paroisse d’Aniane en vicaire perpétuel. C’est aujourd’hui une cure de deuxième classe.

C’est donc, grâce à l’action de Saint-Benoît et à ses successeurs, que la commune d’Aniane connut un rayonnement culturel et économique. D’autant plus que le village profitait d’un emplacement stratégique. Hormis d’être un des chemins pour Saint-Jacques de Compostelle, Aniane était, durant le Moyen Age, un lieu de passage de la route du sel,  ce qui contribua à sa prospérité. Dès sa fondation, la polyculture apporta une grande richesse  à la ville et à ses habitants. Les cultures de base étaient le blé, la vigne, l’olivier, ou l’élevage.

Comme la plupart des localités de la région, Aniane s’entoura de fortifications contre les éventuels pillages. Les remparts datent certainement du XIIe siècle. Ils étaient flanqués de tours qui protégeaient trois portes principales : la porte Saint-Jean, la porte de Saint-Guilhem et la porte de Montpellier. Plus tard, la porte du Théron fut ouverte. L’ensemble était, au nord et à l’ouest, entouré par un large fossé, et au sud, par le ruisseau des Corbières. L’abbaye elle-même, formait, en quelque sorte, le bastion Est.

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Vue aérienne d’Aniane, 4 Vents_Communauté de Communes Vallée de l’Hérault

A la fin du Moyen Âge, la cité était resserrée entre ses remparts et ses étroites ruelles « en circulade ». Au XIVe et XVe siècles, Aniane n’échappa pas aux épidémies de peste et aux ravages des troupes anglaises. C’est notamment entre 1361 et 1362 que les bandes de pillards des Grandes Compagnies, aux ordres du chevalier Séguin de Badefol, ravagèrent la commune.

Au XVIe siècle, Aniane subit encore de dures épreuves, pendant lesquelles les maladies décimèrent la population. L’année 1562 sonna le tocsin des guerres de Religion et l’abbaye d’Aniane fut détruite.

Pendant le XVIIe siècle, la commune continua son accroissement économique avec l’agriculture, le commerce et l’artisanat. Preuve de sa richesse, c’est à cette époque que l’église Saint-Sauveur fut édifiée.

Au XVIIIe siècle, la commune commença à s’étendre hors de ses enceintes qui s’écroulaient de toute part. Un urbanisme moderne voit alors le jour, avec la mise en place de fontaines, un nouvel hôtel de ville et la création des boulevards.

En ce qui concerne les troubles engendrés par la Révolution de 1789, on sait qu’en Mai 1795, les habitants mirent le feu à la flèche du clocher de l’église Saint-Jean-Baptiste. Tandis que des assassinats sont perpétrés au cours de rixes politiques. L’économie d’Aniane, au XVIIIe siècle, se caractérise par l’essor de l’industrie, l’agriculture traversant une situation de crise entre 1715 et 1743.

La première moitié du XIXe siècle constitue une sorte de phase de transition. Aniane qui vivait de ses ressources traditionnelles (blé, vigne, olivier, élevage ovin) voit le vignoble progresser. Parallèlement, l’industrie anianaise connait une grande période d’activité. Aux tanneries et aux distilleries d’alcool s’ajoutent les huileries, les fabriques de crème de tarte, les distilleries d’essences aromatiques et la filature de cotonnades qui s’installe dans les bâtiments de l’ancienne abbaye. En 1825, le produit de ces industries est estimé à 800 000 franc-or. Une augmentation de 20% par rapport à 1789. A cette époque, la ville continue de se développer hors de ses anciens remparts, le long des boulevards et des routes.

C’est donc  essentiellement la vigne qui règne en maîtresse depuis le XIXe siècle, mais l’économie actuelle de la commune se base également sur ses activités touristiques. Aniane étant un village qui détient un important patrimoine architectural, ses anciens remparts, l’ancienne Halle aux grains édifiée au début du XIXe siècle, ainsi que  l’Hôtel de Ville construit en 1770 et la chapelle des Pénitents, sont autant de lieux prestigieux qui contribuent à son rayonnement.

[1] : Monte Calmense est une bourgade assez importante qui est abandonnée de nos jours.

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