Histoire 

 

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Face sud, chapelle Saint-Martin-du-Cardonnet, Piquart Benoit_Office de Tourisme Intercommunal Saint-Guilhem-le-Désert/Vallée de l’Hérault

Grâce aux fouilles archéologiques menées dans le chœur, on sait que la chapelle romane Saint-Martin-du-Cardonnet a été bâtie sur des thermes d’une villa gallo-romaine. Construite au XIIe siècle en pleine garrigue d’Aumelas, elle était au cœur d’une paroisse dont il ne subsiste aujourd’hui que le cimetière. L’espace autour de l’église était ceinturé de murs, probablement à des fins de défense, ou plus probablement pour pouvoir parquer un troupeau. Dans cette « enceinte », plusieurs bâtiments aujourd’hui ruinés et éparpillés (comme une bergerie, un four et des logements) évoquent la présence d’un prieuré relativement important. L’enclos pouvait aussi avoir la fonction d’accueillir pour la nuit des voyageurs. Les bergers pouvaient ainsi trouver un gîte confortable et les troupeaux pouvaient être parqués dans l’enclos. De plus, Cardonnet offre, à quelques pas, un grand abreuvoir qui est le lac de l’Estagnol. L’importance de ce point d’eau se voit dans la dédicace de l’église Saint-Martin. En effet, les églises du Moyen Âge bâties sur d’anciens lieux de culte de l’eau étaient traditionnellement dédiées à ce saint. Quant à la dénomination du Cardonnet, elle évoque le chardon à foulon, utilisé pour carder la laine.  Au cours de son histoire,  on sait que la chapelle fut  un  lieu de fraternité entre protestants et catholiques. Durant le XVIIe siècle, elle permettait de desservir les mas de Lamouroux, Terrus, Figuières, Valoussière, Barral, Sainton. C’est également à cette époque que la façade en clocher-mur de la chapelle a été bâtie pour remplacer un clocher en bois. Autrefois, de nombreux lieux de culte étaient isolés afin de correspondre à un habitat souvent dispersé. Suite à la désertification de l’habitat et des aléas de l’histoire, ces églises ont presque toutes disparu. La chapelle Saint-Martin-du-Cardonnet a certainement été sauvée grâce à son habitat éparpillé du causse mais surtout, grâce à sa qualité architecturale. Cependant, le monument fut fortement endommagé au XXe siècle par une salve d’obus, lors d’exercices à tir réel d’un régiment français. Comme c’est l’une des plus belles chapelles romanes de la région, l’édifice a fait l’objet de plusieurs chantiers de restauration.

Entre 1973-1974, la nef se dote d’une couverture en éverite, l’abside se pare d’un glacis en ciment et une partie de la frise en dent d’engrenage est reprise. En 1995, c’est la couverture détériorée de l’édifice qui est remplacée.

Description 

 

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Intérieur de la chapelle Saint-Martin, Dufour Patrick/Communauté de Communes Vallée de l’Hérault

La chapelle Saint-Martin est un modèle d’architecture religieuse rurale du XIIe siècle. Son unique nef est rythmée de contreforts et d’ouvertures, et son abside semi-circulaire se développe dans des proportions harmonieuses. L’intérieur possède cette même sobriété. Seule, une frise à dent d’engrenage vient rehausser la pureté des lignes de l’abside. Tandis qu’à chaque naissance de voûte court un bandeau chanfreiné qui porte des traces d’ocre rouge.

Caractéristique de l’âge roman, l’édifice est entièrement voûté en plein cintre, et ses arcs doubleaux retombent sur les piliers qui scandent la nef en trois travées. Comme c’était l’usage en milieu rural, le chœur est surélevé et est plus étroit que la nef. L’éclairage reste rudimentaire. Les fenêtres en plein cintre et à double ébrasement sont seulement du côté sud, afin de préserver le mur nord des vents dominants.

En ce qui concerne la technique de construction utilisée, elle est pour le moins atypique. Au sommet de l’abside ainsi que sur les murs latéraux de la nef, on observe  que la dernière assise de pierre, à l’extérieur de la chapelle, possède une particularité. Les pierres qui supportent la corniche sont suffisamment espacées les unes par rapport aux autres pour donner une impression d’une frise blanche et noire. Ces jeux d’ombre et de lumière, sur les parements de calcaire gris clair, sont de plus accentués par l’existence de multiples trous de boulin. En ce qui concerne l’extérieur de sa façade, une partie conserve la trace d’une porte, aujourd’hui murée qui était couverte d’un linteau en mitre. A sa droite, un escalier de bois devait être apposé au mur pour joindre l’escalier intérieur de la maçonnerie qui permettait d’accéder aux cloches, sur le toit.

La chapelle Saint-Martin-du-Cardonnet fait donc partie des plus intéressantes architectures romanes du Pays Cœur d’Hérault. La rareté et la beauté de ce témoignage font qu’il a été classé au titre des Monuments Historiques en 1989.

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