Histoire 

On peut considérer Aumelas comme le véritable berceau du lignage des Guilhem de Montpellier. En 1036, le castrum d’Aumelas est associé au nom de son fondateur probable, Gui, personnage ayant vécu à la fin du XIe siècle, qui serait à l’origine de la dynastie seigneuriale (Claudie Amado). Au début du XIIe siècle, le castrum d’Aumelas domine sur le causse de Montcamel un vaste territoire qui s’étend de Saint-Paul au nord à Cabrials au sud, et qui comprend également dans la plaine de l’Hérault la villa de Vendémian. Aumelas est alors un centre de commandement des Guilhem de Montpellier. Plusieurs familles de chevaliers étaient établies ici dans la proximité de leur seigneur et vivaient dans des solaria (maisons à étages) dont on voit encore les ruines sur le flanc ouest en contrebas du château. Par le testament de Guilhem V en 1121, Aumelas devint le centre d’une seigneurie qui s’étend des berges de la Mosson aux rives de l’Hérault, et qui fut attribuée à son fils cadet Guilhem d’Aumelas. Son fils, Raimbaud d’Orange, célèbre troubadour, se désintéressa de la seigneurie paternelle. Raimbaud d’Orange s’éteint en 1173 sans enfants et son neveu Raimond Aton reprend sa succession. Ce dernier promit l’union de sa fille Sibille avec le fils de Guilhem VIII de Montpellier. Malgré les interdits de parenté, Guilhem VIII ne renonça pas à son projet de réunion des deux seigneuries. Les héritiers de la lignée d’Aumelas se décidèrent donc de vendre à leur puissant cousin l’ensemble du castrum d’Aumelas et de ses dépendances. Aumelas passa ensuite sous domination aragonaise par le mariage de l’héritière Marie de Montpellier avec Pierre II d’Aragon. Au XIIIe siècle, devenue baronnie, la seigneurie d’Aumelas conserva son entité juridique indépendante. A partir de 1276, la baronnie d’Aumelas intégra le royaume de Majorque. En 1349, elle passa sous domination du roi de France, mais les héritiers du dernier roi de Majorque en gardèrent la possession directe, malgré les usurpations répétées des officiers royaux. L’affaire n’est réglée qu’en 1395 seulement, où le roi de France devint légalement seigneur d’Aumelas.Le château d’Aumelas domine la vallée de l’Hérault vers l’ouest, son relief escarpé lui donne une protection naturelle. Une villa gallo-romaine atteste d’un peuplement à proximité mais celle-ci n’a laissé aucune trace d’une utilisation défensive. Ce n’est qu’en 1036 que la mention du mot castrum apparait dans les textes prouvant ainsi l’existence d’un état fortifié. L’histoire du château d’Aumelas est étroitement liée à la dynastie des Guilhem. L’initiative de sa construction revient d’ailleurs à cette puissante famille. En effet, leur héritage dynastique était localisé entre Ganges et Pézenas, dans la vallée de l’Hérault. Puis, les Guilhem étendirent progressivement leurs possessions dans la plaine littorale, autour de Maguelone et de Montpellier. Il leur fallait alors un point de relais pour leurs chevauchées, à la charnière des deux régions.

Par sa fonction de relais, Aumelas se distingue nettement des châteaux voisins comme  le Pouget ou Gignac. Son  château a su très vite évoluer. Mais à l’issue de la guerre de Cent-ans, Aumelas, comme bien d’autres lieux, est pillée. Par la suite, le site est progressivement abandonné tout au long du XVe siècle. Le roi céda Aumelas à des engagistes mais comme le château ne répondait plus aux nouvelles stratégies guerrières ni aux nouveaux besoins de la société, ils se désintéressèrent du lieu. Lors des guerres de Religion du XVIe siècle, le château devient un refuge pour de nombreux protestants. En 1595, les Bonnet, une famille de trésoriers généraux de Montpellier, rachetèrent le domaine et ses ruines. Mais l’état de la forteresse était si mauvais qu’ils déménagèrent quelques temps après. En 1622, le château d’Aumelas fut démantelé par les troupes royales, sous l’ordre du cardinal de Richelieu.

Depuis, le château a subi les assauts du temps et de l’oubli.  En 1879, monseigneur de Cabrières, évêque de Montpellier, projeta de le restaurer. Il entreprit des démarches auprès de la reine Victoria en argumentant la filiation de Sa Majesté avec les seigneurs Guilhem du XIIe siècle. Cependant, la mort du prince impérial mit fin aux négociations. Ce n’est qu’en 1969, qu’une association de sauvegarde s’activa pour sa restauration. Aujourd’hui les vestiges consolidés du château permettent de découvrir les fortifications, une partie du donjon et le reste de la chapelle castrale ainsi que l’église Notre Dame.

Description 

 

???????????????????????????????????????????????
Vestiges de l’enceinte, Piquart Benoit_Office de Tourisme Intercommunal Saint-Guilhem-le-Désert/Vallée de l’Hérault

 

???????????????????????????????
Castellas d’Aumelas, Piquart Benoit_Office de Tourisme Intercommunal Saint-Guilhem-le-Désert/Vallée de l’Hérault

???????????????????????????????
Vestiges de l’enceinte, Piquart Benoit_Office de Tourisme Intercommunal Saint-Guilhem-le-Désert/Vallée de l’Hérault

A 260 m d’altitude, les vestiges du château d’Aumelas dominent le Mas d’Arnaud, situé entre Vendémian et La Taillade, à proximité de Gignac. Ils sont situés en bordure du causse d’Aumelas, face à la moyenne vallée de l’Hérault. Le château conserve encore les traces d’un puissant rempart mais sa compréhension est rendue difficile par l’enchevêtrement des ruines des époques successives. Le système défensif ayant sans doute été remanié dès le Moyen Age, on peut supposer qu’à l’origine, il s’organisait de façon classique, c’est-à-dire en « éperon barré ». Eperon, parce que le château s’encastre dans une avancée du plateau qui, grâce à ce fort dénivelé bénéficie d’une protection naturelle. Eperon barré, parce que du côté du plateau, où l’assaut était le plus redoutable, le château se retranche derrière un fossé creusé dans le rocher, au pied d’une première enceinte. Le contournement du fossé conduit à l’entrée fortifiée, à sa poterne qui est encadrée par l’enceinte, puis à l’église Notre-Dame. Une fois ces obstacles franchis, l’accès au cœur du château nécessitait à nouveau un contournement d’une deuxième enceinte et le passage d’au moins deux poternes. On arrive alors à la place forte qui est édifiée au point culminant de l’éperon.

En ce qui concerne les vestiges encore debout, ils s’éparpillent sur le site. Ainsi, l’enceinte extérieure conserve deux fragments : un front de mur percé d’archères et la poterne. Sa naissance est certainement due à la période des pillages qui sévissaient à la fin de la guerre de Cent ans. Cette nouvelle enceinte est doublée d’un fossé et a été conçue pour renforcer la première. Pour accéder à l’entrée, il fallait donc franchir cette deuxième enceinte interne, dont le chemin de ronde a disparu. En contournant cette dernière, vers la gauche, on arrive à la place forte qui regroupe les bâtiments vitaux comme la chapelle Saint-Sauveur et le logis seigneurial avec sa citerne. Cette place témoigne d’une grande qualité architecturale.

L’ensemble des vestiges possède des pierres taillées à joints fins qui sont caractéristiques des techniques de construction du XIIe siècle. Le logis seigneurial semble avoir été construit contre l’enceinte, dans sa partie nord-ouest, afin de bénéficier d’une meilleure protection. Aujourd’hui les traces d’habitations s’enchevêtrent et les éléments qui restent sont difficilement datables. Les vestiges de la chapelle castrale attestent un style roman du XIIe siècle. Edifiée dans un but de prestige, le bandeau mouluré courant à la naissance de la voûte et les belles fenêtres à double ébrasement témoignent de la splendeur des Guilhem. Cependant, des vestiges démontrent que la chapelle fut transformée afin de remplir un rôle militaire. Au départ, l’édifice était constitué d’une simple nef rectangulaire à deux travées, prolongée d’une abside voûtée en cul de four. Les traces de fortification brouillent la perception de l’état roman. En effet, le mur sud de la nef a été reconstruit et surélevé pour lui substituer un dispositif de parapet à une plateforme de défense. Le mur nord a seulement été surélevé pour compléter ce dispositif. En revanche, l’abside a été surélevée et chemisée à sa base pour devenir un donjon, percé de meurtrières. C’est ainsi que la chapelle Saint-Sauveur  est devenue le dernier lieu de refuge pour les assiégés, notamment lors des guerres de Religion au XVIe siècle.

Le château féodal d’Aumelas est un précieux témoin de l’architecture militaire médiévale languedocienne. Lieu historique d’une grande importance, le groupe fortifié avec sa chapelle, son abside-donjon et les vestiges des constructions annexes, ont bénéficié d’une inscription au titre des Monuments Historiques en 1986. Le sol de l’aire incluse dans la double enceinte et les ruines du château, ont été classés en 1989.

Des travaux de restauration et de consolidation ont été entrepris de 1994 à 2004.

Publicités