Histoire 

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Eglise Notre-Dame-des-Grâces,  Micola Luc/Pays Cœur d’Hérault

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L’église Notre-Dame-des-Grâces se serait  implantée sur un ancien site cultuel romain. Ce lieu  devenant chrétien, une chapelle puis une église furent par la suite érigées sur ce vieil emplacement sacré. De nombreux ermites auraient vécu sur ce site. Au XIIIe siècle, Notre-Dame-des-Grâces était une simple chapelle dédiée à la Vierge. Elle était un lieu de pèlerinages pour toute la région. En 1360, l’évêque de Béziers dresse en ces lieux, une croix de bois dont son socle actuel constitue la pierre trouée, très vénérée, dans la chapelle dite des miracles. Un peu plus tard, une statuette de la Vierge est trouvée à cet endroit. Puis, un jeune sourd-muet et aveugle est miraculeusement guéri par cette statue. Cette dernière est alors mise à l’abri, devant la croix et  la chapelle prend le nom de Notre-Dame des-Grâces. Suite à ces événements miraculeux, une première église est construite. Hélas, en 1573, l’édifice et sa statuette sont détruits par les Huguenots qui occupaient la forteresse de Gignac. Remis en état très rapidement, le sanctuaire est confié en 1613 aux pères Recollets de l’ordre de Saint-François d’Assise. Ceux-ci reprennent la construction d’une église. Cependant, à Pâques 1621, les Calvinistes s’emparent de Gignac et en 1622, l’église est rasée. Ce n’est finalement qu’en 1623, avec Henri de Montmorency, gouverneur du Languedoc, que l’église va être rebâtie avec les pierres de la forteresse protestante. Les riches familles de Gignac et de sa région contribuèrent financièrement à cette reconstruction en faisant don de la pierre de taille. Tandis que la communauté de Gignac offrit aux Récollets le sol nécessaire pour agrandir l’église ainsi que celle du couvent attenant.

Description

L’actuelle église Notre-Dame-des-Grâces date du XVIIe siècle. Les grands travaux commencèrent en 1624 et se sont échelonnés jusqu’aux années 1762 pour les huit chapelles extérieures. Son architecture est un bel exemple des églises du XVIIe siècle. Représentative du classicisme, son plan est de type basilical. Elle possède une seule et large nef, flanquée de chapelles latérales dans les bas-côtés. Son voûtement est entièrement constitué de croisée d’ogives. Les voûtes des chapelles latérales supérieures sont en anses de panier et les pilastres des tribunes sont caractéristiques de l’architecture du Grand Siècle.

 

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Chapelles attenantes à l’église Notre-Dame des Grâces,  Micola Luc/Pays Cœur d’Hérault

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Par Wikinicoj, via Wikimedia Commons

Attenant à l’église, un chemin de croix  date de la même époque, même si ce dernier a été restauré au cours du XXe siècle. Devant l’église, sur un promontoire qui domine la campagne gignacoise, 14 chapelles ont été construites pour représenter les 14 stations de la Passion du Christ. Il semblerait que la première chapelle ait été construite avant 1672, par les pères Récollets, tandis que les six autres ont été édifiées par des paroissiens qui avaient choisi cet endroit pour rendre hommage à Jésus, au grand saint Jean-Baptiste et à saint Joseph. Les sept dernières chapelles furent érigées durant le XVIIIe siècle mais ce n’est qu’au XIXe siècle, qu’elles prirent le nom de chemin de croix. Au bout du promontoire, une dernière a été construite. Plus grande, elle est dédiée aux soldats morts pour la France, pendant la guerre 14-18.

Concernant la façade de l’église, elle fut terminée en 1648 sous la demande de Louis XIII. Réalisée en pierre blonde, cette façade de trois niveaux, avec son entrée « en anse de panier », est la digne héritière de la Renaissance italienne et plus exactement du style florentin. La hauteur du premier niveau atteint presque la moitié de l’élévation totale, avec une seule ouverture en arc plein cintre, très large. Au centre, son pilier de soutien est plus récent. Il fut mis en place en 1776 pour préserver l’équilibre de la façade, menacée par l’affaissement du terrain. Le second niveau est composé de quatre fenêtres, aménagées sous des arcades en plein cintre et bordées de balustres. Le troisième niveau, percé également de quatre fenêtres, est surmonté d’une corniche et d’un pignon, chargé d’un petit clocher-mur. Luxueuse et opulente, la façade de Notre-Dame est un exemple unique dans la région.

La richesse de l’église est également présente à l’intérieur. Sa nef, unique et vaste, est encadrée de chapelles latérales, toutes décorées de retables. Tandis que le maître-autel, en faux marbre plâtré, est de style baroque. De grands tableaux de maître des XVIe, XVIIIe et XIXe siècles décorent les murs de l’édifice. Ainsi, on peut venir contempler l’émouvante sainte Anne de Jean Coustou (peintre montpelliérain reconnu) ou encore la majestueuse sainte Elisabeth de l’artiste montpelliérain Jacques Bestieu.

Par la richesse et la beauté de l’édifice, l’église-Notre-Dame-des-Grâces, classée au titre des Monuments Historiques en 1989, fait partie des plus belles architectures du Pays Cœur d’Hérault.

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