Origine du nom

Au début du XIe siècle, le cartulaire de l’abbaye d’Aniane mentionne Gignac sous la forme de « Giniaco ». Le nom moderne « Gigniac », attesté dans les textes vers le XVIe siècle, viendrait de l’appellation d’un domaine gallo-romain. C’est au nom de son propriétaire, un certain « Gennius » qu’on aurait rajouté le suffixe latin « -acum ».

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La ville de Gignac se trouve au cœur de la moyenne vallée de l’Hérault, sur un vieux terroir viticole, à la jonction des routes qui relient le littoral à la montagne et la ville de Montpellier à l’arrière-pays. Elle est située à 29 km à l’ouest de la préfecture, à 24 km à l’est de Lodève et à 5 km d’Aniane.

Histoire

La première occupation de Gignac remonterait au peuple des Volques qui habitèrent ce vaste territoire. Les romains envahirent ensuite cette contrée et l’occupèrent du 1er au Ve siècle de notre ère. C’est la villa et le castrum de l’époque gallo-romaine qui constitueraient le premier noyau de l’agglomération de Giniacum.

Durant le Xe et le XIe siècle, Gignac fut un lieu de carrefour multiple entre les routes d’Aniane au nord-est, de Montpeyroux et du Larzac au nord-ouest, de Lodève et de Clermont l’Hérault au sud-ouest, d’Agde au sud et de Montpellier au sud-est. Grâce à sa position stratégique, la ville a su très tôt développer son économie. Dès le Moyen-âge, Gignac était le point de convergence de deux principales voies de transhumance entre les plaines littorales, le causse du Larzac et le massif de la Séranne.

Concernant son administration, lorsque Gignac fut cédée au roi de France, le monarque conféra le droit d’élire des consuls. Ainsi, le roi Philippe VI, envoya à Guilhaume Cohardon (sénéchal de Carcassonne) l’ordre de prendre possession des dépendances royales. En 1295, le sénéchal parcourut les différents baillages afin de recevoir les serments de fidélité des peuples et des seigneurs. La même année, la population comptait 6 000 à 7 000 habitants. En 1360, la peste se déclara dans les environs causant des ravages considérables. Le prince de Galles, fils d’Edouard III, roi d’Angleterre s’empara de la ville de Gignac en 1364.

En 1381, le seigneur Seguin de Badefol à la tête de ses Compagnies incendia à son tour la ville et tua la moitié de ses habitants. Malgré cette sombre période, l’économie de Gignac s’est maintenue pendant les XIIIe et XIVe siècles. Une période prospère qui se voit par l’implantation d’un grand couvent de Mendiants et par l’édification de la chapelle Notre-Dame-des-Grâces, au XIIIe siècle. Cet essor économique est lié à sa nouvelle fonction administrative. A la suite de la division de la viguerie de Béziers en 1346, Gignac devint un siège de la justice royale. La rue Daurade, point de convergence intra-muros des routes d’Aniane et de Montpellier, fixa l’activité économique de la ville qui était essentiellement basée sur le négoce des produits agricoles, vins, eaux de vie, olives, céréales et surtout textile. Hors des murs, la ville médiévale se développa par deux faubourgs au nord.

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Vue aérienne de Gignac, 4 Vents_ccvh

Puis, en 1565, la peste se déclara à nouveau dans la ville causant la mort d’au moins 129 personnes. Gignac connut également les affrontements entre catholiques et protestants. La demeure seigneuriale fut transformée en citadelle en 1573 et en1598, elle fut donnée aux protestants par le roi Henri IV. L’armée du duc de Rohan qui voulait se servir des protestants pour satisfaire ses ambitions affronta à Gignac les troupes du vicomte de Joyeuse. Cette lutte, minutieusement racontée dans le livre des Pères Récollets (en 1621) marqua vraisemblablement la fin des persécutions religieuses. Si les guerres de religion causèrent de lourdes destructions dans le patrimoine religieux et militaire de la ville, elles n’entravèrent pas la reprise économique et démographique des années 1490 à 1680. Ainsi, Gignac à l’époque classique connut une nouvelle impulsion du commerce. Le règne de Louis XIV amorça un tournant. A une polyculture ancienne va se substituer, au cours des siècles, une domination du vignoble de masse. Au XVIIIe siècle, le renouvellement du réseau routier apporta une prospérité économique. Gignac, avant la Révolution apparaissait déjà comme une ville largement ouverte sur ses faubourgs. Les États du Languedoc font rénover les grands itinéraires et des ouvrages d’art, comme le pont de Gignac, sont réalisés. Indépendamment de ses produits agricoles et viticoles, Gignac a toujours su compter sur ses ressources commerciales et industrielles. Sa principale branche de commerce qui a toujours prospéré est le confisage ou le saumurage des olives. De plus, Gignac a eu de tout temps une foire, celle du 30 novembre, qui profite toujours d’une grande célébrité. Entre le XVIIIe et le XIXe siècles, une floraison de fabriques industrielles fait la richesse de la ville. On trouvait des manufactures de savon, de coton, d’acide nitrique et sulfurique, de poudre de vert-de-gris, de liqueurs, etc. La prospérité commerciale et industrielle de Gignac est à l’origine de nombreux aménagements urbains. C’est à partir de la Monarchie de Juillet que la monoculture de la vigne débute. En 1871, l’arrivée du chemin de fer à Gignac facilita les exportations et depuis, la ville connaît un commerce viticole des plus influents.

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Pont de Gignac, Martin Philippe
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