La formation des Grottes

 image005

Les régions où se forment les grottes ne sont pas réparties au hasard. Bien au contraire, elles dépendent étroitement de la nature du sol et donc de la géologie. Leur formation est un processus très long qui repose essentiellement sur l’infiltration. En fait, les eaux de pluie ou de fonte des neiges (acides riches en minéraux) vont réussir à pénétrer les failles existantes des roches ou les attaquer superficiellement. Ce phénomène est appelé corrosion.  Les grottes ne peuvent pas se former partout. La grande majorité des cavernes se trouve dans des roches calcaires qui sont particulièrement présentent dans l’hexagone. En revanche, les roches granitiques, métamorphiques ou volcaniques sont exemptes de grotte. Ainsi, les plateaux tabulaires calcaires plissés ou karstifiés sont surtout situés au centre et sur le pourtour du Massif Central (dans les grands Causses, les Causses de Quercy et du Périgord, l’Ardèche et les garrigues du bas Languedoc), au nord et tout le long de la chaîne pyrénéenne, à l’ouest des Alpes, sur le plateau du Jura et du Vaucluse, sans oublier les plans provençaux.

Au fil des années, l’eau va dissoudre et attaquer la roche, la fragiliser et l’user jusqu’à l’apparition d’une grande zone de vide. L’eau sculpte la grotte dans le calcaire et évacue les débris vers l’extérieur. Elle créé la grotte et assure son bon maintien mais elle également responsable de son décor naturel. Une grotte est avant tout un univers cristallin où les concrétions qui se forment peuvent revêtir divers aspects. Cependant, leur nature minéralogique se révèle presque toujours la même. Il s’agit principalement de carbonate de calcium qui a été cristallisé. Les géologues distinguent deux systèmes de cristallisation, c’est-à-dire deux géométries possibles des cristaux. Ainsi, quand le cristal est un solide à six faces formant un losange égal, c’est la calcite. Mais quand la composition chimique identique se cristallise dans un système orthorhombique et que le cristal se présente sous la forme d’un prisme droit dont la base est un losange, c’est l’aragonite. La calcite et l’aragonite ne sont pas les seules concrétions souterraines. On y rencontre aussi des sulfates et en particulier le gypse, qui se présente comme une délicate et soyeuse chevelure en dentelles entrelacées ou en amas d’aiguilles très fragiles. Actuellement, la science des minéraux souterrains est loin de tout connaitre. On dénombre plus de deux cents minéraux différents dans les cavernes. Cependant, la variété des formes est encore plus grande.

On distingue grosso modo trois grands types de formes :

La stalactique:

Pour sa création, il faut que la solution de bicarbonate de calcium vienne s’écouler, goutte à goutte, au bout d’une étroite fissure. Sa taille sera conditionnée par la grosseur de la goutte. La cristallisation se réalise autour de cette goutte, où un léger tube apparait et le cristal grossit au fur et à mesure que l’eau s’écoule. La goutte coule ensuite à l’intérieur de l’anneau cristallin qu’elle a formé. Il se développera ainsi une stalactite tubulaire, aussi appelée « fistuleuse » ou « macaroni ».

– La stalagmite:

Elle croît à partir du sol, construite par l’eau tombant de la stalactite ou du plafond. Lorsqu’une stalactite rejoint la stalagmite née au-dessous d’elle, on obtient une colonne.

– Les stalactites excentriques:

Cette appellation s’explique  en raison de formes pour le moins fantaisistes. Pour l’instant, aucune théorie cohérente n’a encore été avancée à ce jour pour expliquer ces formations qui défient toutes les lois de la pesanteur. Ce qui est certain, c’est que lorsque les forces de la pesanteur, de capillarité et de cristallisation sont équivalentes, la direction du concrétionnement est aléatoire. Du coup, les excentriques croissent dans toutes les directions de l’espace.

– Les microgours:

Ce sont des concrétions qui se forment à partir des écoulements de parois qui constituent des films d’eau chargés de sel s’écoulant en nappe. Elles sont en quelque sorte des espèces de rides entrecroisées, composant de petites cuvettes dont la forme diffère suivant l’inclinaison de la paroi et la dynamique de l’eau.

Parmi les autres formes classiques que l’on rencontre dans les cavernes, on peut citer les draperies, les dents de scie ou les rideaux. Ces dernières années, les spéléologues ont découverts des « perles de cavernes » dont la formation laisse également perplexe. Parfois cubiques, elles sont rarement parfaites et les intermédiaires sont légion.

Les domaines souterrains ont donc des origines diverses. Chaque massif karstique est un monde à part, caractérisé par un ensemble de facteurs géologiques, topographiques, géographiques, et climatiques. Ainsi les grottes ont toutes des dimensions, des formes, une structure, un âge qui varient en fonction des différentes combinaisons de ces facteurs.

Le patrimoine souterrain de la France se situe parmi les plus riches d’Europe dont quelques cavités font parties des plus belles de notre planète.

Publicités