Les Dolmens

Les dolmens sont des tombes collectives préhistoriques. Les inhumations étaient ou simultanées ou successives. En effet, quand plusieurs individus décédaient plus ou moins au même moment (en cas de massacres ou d’épidémies), les dépouilles étaient inhumées ensemble et simultanément. Cependant, on sait que les inhumations successives étaient les plus répandues. Les dolmens étaient donc des lieux de dépôt, dans lesquels il fallait entrer et sortir. D’ailleurs, c’est sûrement à cet effet que la porte de four du dolmen de Coste Rouge fut construite. C’est aussi pourquoi on pense qu’un si grand nombre de corps (peut-être une cinquantaine) ont pu séjourner dans cette tombe. Ils auraient été inhumés les uns après les autres. Comme on ne connaît pas très bien les pratiques funéraires qui entouraient ces sépultures, il est fort probable que certains corps, après leur total décharnement, aient été «  rangés » (c’est-à-dire qu’on déplaçait les os dans un coin afin de gagner de l’espace).

On sait peu de chose à propos des personnes inhumées dans ces dolmens. Il paraît clair, pour certains spécialistes, qu’il y avait des critères de sélection, mais on ne sait pas exactement lesquels. Peut-être s’agissait-il des membres d’une même famille, ou de personnes au statut social élevé…               En tout cas, il semble bien que ces imposantes tombes mégalithiques étaient construites pour durer. En revanche, il est fort probable qu’elles ne représentaient qu’une minorité des sépultures de cette époque, la majorité d’entre elles étant sûrement faite directement dans la terre, dans des cavités existantes, ou dans des matériaux périssables comme le bois.

Par leurs dimensions considérables, on peut voir dans les dolmens une volonté d’inspirer le respect des défunts aux visiteurs, ou tout simplement aux communautés qui les avaient érigés. Car construire de tels monuments signifie un savoir-faire technique et une main-d’œuvre abondante.

Leur datation n’est pas toujours évidente. Néanmoins, on sait que ces dolmens ont été construits bien avant les invasions des peuples d’origine celtique, auxquels on a longtemps attribué ces monuments. Les dolmens européens remontent à la période néolithique, dans une fourchette qui peut aller des environs de la fin du Ve millénaire, jusqu’au IIIe millénaire avant notre ère, voire jusqu’à une période plus récente.

Près de cinquante mille dolmens auraient été recensés à travers le monde, dont vingt mille en Europe. Ils étaient très nombreux dans certaines régions de France et même si certains ont disparu (pillage, vandalisme, raisons agricoles ou religieuses), il en reste plus de 4 000 répartis sur une soixantaine de départements. Cette implantation en France semble représenter une sorte de « couloir » partant de l’ouest du pays, avec la Bretagne, puis descendant par le Poitou pour ensuite rejoindre, plus au sud les causses du Quercy et de l’Aveyron et arriver enfin vers les régions méditerranéennes du Languedoc. Leur répartition montre qu’ils sont nombreux en Aveyron (près d’un millier), en Bretagne, dans le Quercy (800 dolmens) et en Ardèche (800 dolmens dans ce seul département). Les régions du Poitou-Charentes et du Languedoc-Roussillon comptent environ 700 tombes mégalithiques chacune, tandis que la Provence n’en dénombre qu’une centaine.

On trouve des dolmens dans le reste de l’Europe, comme en Irlande, au Pays de Galles, dans les comtés anglais du Devon et de Cornouailles, au Portugal (avec des sites renommés près de la ville d’Evora), dans le Sud de l’Espagne avec les célèbres sites d’Antequera (où les dolmens sont parmi les plus imposants et les plus anciens au monde). On en trouve également en Belgique, en Scandinavie, en Allemagne du Nord et aux Pays-Bas. Mais il en existe aussi dans d’autres régions du globe, notamment en Afrique du Nord, en Inde et, plus modestement, en Syrie, en Éthiopie, en Tunisie et en Crimée. L’Asie en possède aussi un grand nombre, particulièrement en Corée (où près de 30 000 dolmens datent du premier millénaire avant notre ère) et au Japon qui sont des sites manifestement plus récents. En revanche, on remarque que ces monuments sont absents des continents américain et australien.

Les Menhirs

La fonction des menhirs restent assez obscure. Entre un symbole religieux, une borne de territoire ou une pierre indicatrice de nécropole, plusieurs hypothèses s’affrontent. Les menhirs se présentent toujours comme une pierre dressée, plantée verticalement et de dimensions monumentales. La pierre peut être taillée (en forme de colonne, d’amande, de dalle anthropomorphe, etc.) ou avoir été plantée telle quelle, plus ou moins brute. Il existe des menhirs gravés, sculpté et même peints. Les « statues-menhirs », érigées entre le Néolithique final et l’âge du bronze, sont remarquables car il s’agit de menhirs aux formes anthropomorphes gravés d’attributs en bas-relief (parfois sculptés en ronde-bosse) comme le visage, les seins, les bras avec les mains, les jambes et les pieds, mais aussi les parures, les armes, le baudrier, la ceinture, les plis des vêtements, les cheveux en tresse, etc. Ces monolithes sont présents un peu partout dans le monde. On les retrouve à travers toute l’Europe, de la zone méridionale (Portugal, Espagne, Corse…), au pourtour de l’Atlantique (France, Irlande, Angleterre) et de l’Europe centrale (Suisse, Autriche, Allemagne) à la Scandinavie (Danemark et Suède). On les retrouve aussi sous des formes plus récentes en Afrique (Sénégal), en Asie (Inde, Indonésie, Corée) et même en Amérique du Sud. Les statues-menhirs sont également présentes dans plusieurs régions d’Europe . En France, il en existe une forte concentration en Bretagne[] avec plus de 500 menhirs, en Lozère, sur le site de la Cham des Bondons qui compte plus de 150 menhirs, en Rouergue avec plus de 120 statues-menhirs, en Languedoc avec une vingtaine de statues, dans le Pas-de-Calais et même en Corse où plusieurs dizaines de statues-menhirs ont été inventoriées un peu partout dans l’île.

Histoire 

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Par Gachepi, via Wikimedia Commons

Le grand dolmen de Ferrussac fut signalé par l’abbé Vinas en 1866 et a fait l’objet de plusieurs fouilles clandestines. Dans les années 1960, l’archéologue Gaston Combarnous y a récolté un riche mobilier archéologique (armatures de flèches, poinçon en os, perles en cuivre, 1500 perles en stéatite, des fragments de parures de bronze, des céramiques, etc.) qui témoigne des différentes périodes d’utilisation. Des ossements humains ont également été découverts et se rapportent à plus d’une soixantaine d’individus. On peut également voir les restes d’un four à chaux entre la route et le dolmen. Des pierres calcaires étaient prélevées sur le monument pour la fabrication de la chaux, ce qui avec les recherches anarchiques des collectionneurs a conduit à dégrader le monument.Les dates du dolmen dit de Ferrussac s’échelonnerait entre 3500 et 2500 avant notre ère, il est édifié en calcaire (pierre locale) et servait de sépultures collectives. A 300 mètres du grand dolmen se trouve un autre, plus petit, qui lui est parfaitement aligné par rapport à l’ancienne voie romaine qui conduit à ce site. Bordant cette route, une série de menhirs sont plantés à quelques kilomètres, dans la plaine de Coulet.

Une restauration a été effectuée, il y a quelques années par le Groupe Archéologique Lodévois (GAL). Afin de mettre fin à la dégradation du monument, la paroi ouest du dolmen a été bétonnée.

Description

Le grand dolmen de Ferrussac est celui qui retient le plus l’attention en raison de sa construction étagée. Composé d’un couloir et d’une chambre funéraire, c’est incontestablement le plus grand dolmen du Larzac méridional. Sa table mesure 4,60 m de long et pèse plus de 13 tonnes, son couloir mesure 6,80 m de long et les dalles latérales ont près de 3,50 m de longueur pour 0,90 m de hauteur et 0,20 m d’épaisseur. Pourvu d’un couloir d’accès de près de 5m, sa chambre sépulcrale mesure 3 m de long sur 2,30 m de haut et 1m de large.

Le tout était recouvert d’un tumulus qui a la particularité d’être ceinturé par un mur en pierre sèche, très bien appareillé. De part et d’autre de l’entrée, ce tumulus conserve les assises d’une façade faite de gros blocs.  L’autre dolmen se trouve à 300 m, à l’ouest du grand. Celui-ci, nettement plus modeste ne présente pas de couloir inférieur et sa facture est rudimentaire. La dalle de couverture mesure 2,50 m sur 1,95 m et 0,20 m d’épaisseur et les dalles des parois mesurent 2 m de long et ont une épaisseur de 0,15 m.

A proximité du grand dolmen se trouvent deux menhirs couchés, l’un à 50 m au nord-ouest et le second à 80 m au nord-est. Ce dernier est brisé en deux et mesure 3,30 m de long.

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