Histoire

Selon Sylvain Olivier, l’histoire du castellans de Malavieille (commune de Mérifons) est assez mal connue et les quelques travaux existants sont souvent trop allusifs et confus. Ce qui est sûr, c’est qu’au cours de son histoire, le site du château de Mérifons a constitué un refuge à plusieurs reprises. Une présence humaine est attestée sur les lieux dès le VIe siècle avant notre ère.

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Philippe Martin

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Fagairolles 34, via Wikimedia Commons

Malheureusement, un long vide documentaire ne permet pas de comprendre quand ni comment ont été construits les bâtiments dont nous pouvons encore voir les majestueuses ruines. Les plus anciens indices sont des noms de personnes, une famille dite de Malavieille étant attestée dans les textes dès la fin du XIe siècle. Le  mot « castrum » est utilisé à partir du XIIe siècle mais il est alors impossible de savoir s’il s’agissait d’un château seul ou avec un village autour, comme c’était souvent le cas à partir de l’an mil, lorsque de nombreux habitats se perchaient pour faire face à une insécurité nouvelle. Ce n’est qu’à partir du milieu du XIVe siècle que le village castral est attesté avec certitude par les textes. Cependant, Jean-Loup Abbé estime comme très probable l’existence d’un point fortifié au Xe siècle.  À cette époque, il y avait un lien entre Malavieille et saint Fulcran. Le grand évêque de Lodève (de 949 à 1006) serait né à Lignous et aurait été baptisé à Mérifons, deux lieux situés dans la commune. C’est, semble-t-il, à ce moment-là que la seigneurie passa sous l’influence des évêques de Lodève, comme ce sera le cas jusqu’à la Révolution. Au XIIIe siècle, la dernière héritière de la famille seigneuriale de Malavieille épouse un membre des Guilhem de Clermont. Malavieille devient alors une coseigneurie détenue par les familles de Faugères (en Biterrois) et de Clermont (en Lodévois). Situé à  la frontière des deux diocèses, ce site fortifié surplombe le hameau de la Lieude, au bord du vieux Cami Ferrat, dont le nom rappelle qu’on y prélevait la leude[1]. Au milieu du XIVe, le territoire seigneurial englobait environ deux cents habitants, dont on peut supposer qu’une forte proportion vivait au castrum. L’étendue de l’enceinte qu’on distingue encore dans les broussailles, supérieure à un hectare, va en effet dans le sens d’un site assez important. Cependant, le village castral de Malavieille fut par la suite déserté. Comme il n’a pas perduré assez longtemps pour attirer à lui le chef-lieu de paroisse, celui-ci resta en plaine à l’église Saint-Pierre de Mérifons. Entre le XVe et le XVIIe siècle, la population migra vers les hameaux constituant encore de nos jours l’habitat dispersé des environs. Le principal bénéficiaire de ce mouvement est sans doute le Mas Canet ou Canet-le-Noir[2], ainsi que du Bosc à partir du XVe siècle. C’est probablement un membre de cette famille qui abandonna, lui aussi, le castrum et fit construire son nouveau château de style Renaissance, en bordure des terres fertiles proches du Salagou, dans la nouvelle métairie de Malavieille. Le seigneur n’y venait qu’épisodiquement mais un fermier gérait sur place ses intérêts. Il en sera ainsi pendant tout le XVIIe siècle, époque à laquelle le Castellas est en ruines et inhabité. Seule une tour de l’ancien château reste encore couverte au milieu des ruines, détenues en 1627 par les deux fils mineurs de la vicomtesse du Bosc, Delphine de Montfaucon. En 1881, on remarque que sur les plus anciens dessins connus du site, les lieux apparaissent aussi détériorés qu’aujourd’hui.

Description 

 

Celles-ci s’ouvrent dans une muraille est-ouest défendue par des meurtrières. Contre cette muraille, à l’extérieur et au sud-ouest, au moins une salle a été rajoutée lors d’une phase de construction ultérieure contrariant une partie du mur défensif initial. Si l’on se fie à Roger Hyvert, on peut avancer l’hypothèse de la construction volontaire, lors de l’adjonction de cette salle, d’un passage étranglé afin de piéger d’éventuels assaillants. Enfin, en contrebas du château, du sud-est au nord-est, s’étagent les ruines des maisons du castrum qui étaient protégées par une enceinte munie de tours. Sur les pentes en bordure du château se trouvent aussi les ruines du village qui s’était développé autour des fortifications. La bourgade, abandonnée au fil des siècles, était déjà inhabitée au XVIIIème siècle.Le Château de Mérifons est une sentinelle sur la haute vallée du Salagou. Datant du XIIe et du XIIIe siècle, son état de conservation actuel est mauvais. Le site est naturellement fortifié par sa situation perchée aux confins méridionaux de l’Escandorgue, un piton basaltique à 373 m d’altitude.  Au sommet se trouve le château, auquel on accède par l’est, le flanc ouest étant à pic. Il est dominé par le pan sud d’une ancienne tour, conservée sur trois niveaux, soit une quinzaine de mètres de hauteur. Construite en blocs bien taillés et assisés, la tour est dans un état de conservation globale très proche de ce qu’elle était à la fin du XIXe siècle. Au sud et à l’ouest de ce donjon se trouve le cœur du château auquel on accédait par deux portes en plein cintre et dont les vestiges suggèrent une construction vers le XIIIe siècle.

[1] : Droit de péage qui se levait en Languedoc.

[2] : Canet-le-Noir est une dénomination qui proviendrait des Clermont-Nigri, seigneurs de Malavieille.

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