Histoire de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem 

En 1135, un moine nommé Géraud, responsable à Jérusalem d’un hospice, obtint du pape Pascal II, la fondation d’un Ordre de chevalerie souverain,  qui avait pour vocation l’accueil et le soin des pèlerins. L’Hospice se trouvant proche de l’église de Saint-Jean-Baptiste, le nouvel Ordre pris le nom d’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.

Afin d’assurer la sécurité des routes pour les pèlerins, un autre Ordre est fondé cinq ans plus tard, en 1118 : l’Ordre des Templiers. Du fait de l’état de guerre permanent dans la région, les Hospitaliers devinrent aussi,  à compter de 1126, les Défenseurs de la Foi.

Après la perte de Jérusalem en 1187, les territoires chrétiens diminuèrent, le krak des chevaliers tomba en 1270 et Saint-Jean-D’acre, dernier point de résistance, fut évacué en 1291. Les templiers rentrèrent en France, tandis que les Hospitaliers débarquèrent à Chypre, mais ils ne s’entendirent pas avec Henri de Lusignan, Roi de Chypre. Ils durent repartir et s’installèrent à Rhodes en 1309, avec l’accord du Pape. A la suite de la disparition des Templiers, sur l’ordre de Philippe le Bel, les biens de ces derniers furent transmis aux Hospitaliers en 1312.

A Rhodes, les Hospitaliers fortifièrent le port et construisirent un grand hôpital. L’activité maritime et offensive des Hospitaliers autour de l’île qui est proche de l’Asie mineure fournit l’occasion au Sultan d’Egypte de les attaquer sans succès en 1344, puis aux Ottomans en 1380, toujours sans succès.

Mais Soliman le Magnifique en 1522 parvint à décimer la garnison qui se rendit et quitta l’île.

Charles Quint, à la demande du Pape, leur céda alors l’île de Malte en 1530. Les Hospitaliers fortifièrent à nouveau l’île et construisirent une ville nouvelle, la Valette, avec un grand hôpital, conformément à leur vocation première. Quelques années plus tard, la célèbre victoire de Lépante sur les turcs signifia l’arrêt définitif des combats et la pérennité de l’Ordre sur l’île de Malte.

Enfin c’est avec Napoléon, lors de son passage à Malte en 1798 que le rôle militaire qu’ils détenaient depuis 1126 fut  définitivement enlevé. Depuis, ils sont restés jusqu’à ce jour l’ordre charitable que l’on connaît sous le nom de « Ordre de Malte ».

Bien que la Langue officielle fût à l’époque le latin, les chevaliers venant de toutes les régions chrétiennes parlaient leur langue maternelle. Aussi, pour une meilleure organisation l’Ordre fut découpé en 8 langues, à savoir : France, Provence, Auvergne, Aragon, Castille, Angleterre, Allemagne et Italie.

A la tête de chaque langue, un Grand Prieur, et à la tête de l’Ordre, un Grand Maître. Il ne restera plus tard que 7 langues, l’Angleterre ayant créée la religion anglicane dans le courant du XVIe siècle.

Histoire 

De retour de la première croisade à Jérusalem, le baron Bérenger II, seigneur de Clermont-Lodève d’une part, et Pierre de Posquières, évêque de Lodève d’autre part, décidèrent d’établir à Nébian un hôpital pour les soins des pèlerins du diocèse qui entreprendraient le voyage en Terre Sainte. Bérenger II donna la plus grande partie du fief qu’il possédait à Nébian, et Pierre de Posquières céda l’église Saint-Julien avec ses revenus aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. La donation fut agréée par le Grand Maître de l’Ordre qui nomma le premier Commandeur, Guillelmus en 1157, lequel prît possession des lieux avec quelques chevaliers et servants.

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Vue sur la commanderie, Naïs-Taussac, 28/03/2012

Le Commandeur, ainsi établi, fît bâtir des bâtiments, une maison, un enclos entouré de hauts murs, il fît également agrandir l’église et nomma un chapelain. Les Hospitaliers prirent en charge le service du culte, l’administration de l’hôpital, l’entretien des chemins et les soins aux pèlerins et aux voyageurs sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, sur la partie Saint-Guilhem, Brignac, le Puech Augé à Nébian, Saint-Georges-de Boussac à Aspiran et Paulhan.

La nouvelle commanderie fut enrichie ultérieurement par des dons et des legs comme la seigneurie de Liausson et de plusieurs autres fiefs considérables. Les Hospitaliers devinrent ainsi les vrais seigneurs de Nébian, jusqu’à la loi de 1792 qui met fin à leur présence. On peut encore voir, de nos jours, les restes de cette commanderie. A la fin du XIVe, à la demande expresse du Roi de France, ils firent fortifier le village pour protéger les habitants des rapines des routiers à la solde des anglais. En 1392, le dernier Commandeur de Nébian, Bernard Saquet, déménagea à Béziers, dans l’ancienne commanderie templière de Peyriès, pour plus de sécurité. Nébian bénéficia, durant toute cette longue période, de la présence des Chevaliers de la Foi, sous la protection du Pape. Toutefois, cela n’empêcha pas les huguenots de ruiner la commanderie en 1573. Aujourd’hui, l’ancienne  commanderie est devenue un bâtiment public au service de la population, et est visitable sur demande.

Description 

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Entrée de la commanderie, Naïs-Taussac, 28/03/2012

La commanderie est une construction caractéristique du Moyen Age. Simple et utilitaire, le bâtiment s’articule autour d’une cours intérieure, de plan carré. Réalisée en moyen appareil, son édification est représentative des techniques de construction du XIIe siècle. Les assises de pierres sont composites, on y trouve aussi bien des morceaux de calcaires locaux comme des galets de rivière, seuls les angles de la commanderie sont constitués de blocs de pierres de taille. Sur la façade d’entrée, on remarque que les assises sont irrégulières, ce qui nous indique une construction rapide. Le début des guerres de Religion ont fait détruire la commanderie et les murailles de la commune. La Maison de Saint-Jean est en partie reconstruite au XVIIe siècle. Les pierres des remparts ont servis largement à son élaboration et des contreforts en basaltes se sont rajoutés pour consolider l’édifice. Depuis l’édit de Nantes, l’aspect de la commanderie est resté inchangé. Ce n’est qu’après la Révolution, où elle devint un presbytère, qu’un mur de séparation fut édifié redessinant son parcellaire initial. De nos jours, la commanderie de l’Ordre des Hospitaliers de Nébian, même si elle conserve que peu de pans de mur d’origine, demeure un témoignage fidèle des constructions médiévales.

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