Origine du nom

Le nom de Paulhan semble apparaître dans sa forme moderne dans des documents de la fin du XVIe siècle (Rôle des décimes du diocèse de Béziers, en 1571). La carte de Cassini de la fin du XVIIIe siècle désigne en tout cas le village par son nom actuel. L’étymologie de Paulhan a vraisemblablement une origine romaine. Ainsi, « Paulhanum » signifie terre de « Paulius » ou « Paulinus » qui était sûrement un propriétaire romain de cette époque. Le territoire dépendait de la province de la Narbonnaise à partir de 50 avant notre ère. Des récentes fouilles archéologiques ont d’ailleurs permis de retrouver des vestiges de cette époque.

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Le village de Paulhan se situe à une dizaine de kilomètres au sud de Clermont l’Hérault et la limite sud du Pays Cœur d’Hérault. Installé à proximité de la rive ouest du fleuve Hérault, le village se trouve à quasi équidistance de Montpellier et de Béziers.

Histoire

Si l’origine de l’agglomération remonte sans doute à l’occupation romaine, c’est en 880 que Paulhan est pour la première fois mentionnée dans l’Histoire de Clermont l’Hérault par l’abbé Durand. En 990, c’est son « castrum » qui est cité dans l’histoire de Saint-Thibéry. A cette époque, la commune était sous l’autorité des vicomtes de Béziers, les Trencavel qui ont bâti  le château et la première église de Paulhan, au sein des possessions du monastère de Saint-Thibéry. Vers l’an mil, la vie locale s’articulait donc autour de deux pôles. Un ancien lieu de culte avec l’église Sainte-Marie et le castrum. Installé sur une colline, ce dernier constituait le centre le plus élevé. C’est à partir du castrum que le village « en circulade », s’édifia. Cette « circulade » est caractéristique de l’urbanisme médiéval languedocien dont Paulhan conserve une excellente représentation.

Ce castrum est situé à l’emplacement de l’actuel château qui domine l’Hérault. Le château et le village eurent pour propriétaires les Trencavel, puis à la suite d’alliance avec d’autres familles, le château de Paulhan passa successivement aux maisons de Carcassonne, d’Albi, de Nîmes, de Maugio et en 1137 au Guilhem de Montpellier.
En ce qui concerne l’état de conservation du castrum, il fut reconstruit aux XVIe et XVIIe siècles et présente, au sud, une belle façade Renaissance. Progressivement inoccupé par ses propriétaires, cet ancien château seigneurial fut définitivement abandonné en 1782 au profit d’une « grande maison » qui depuis 1927, accueille la Mairie de la ville. Il servit par la suite de poulailler, avant de retrouver un nouveau souffle, grâce à ses actuels propriétaires.C‘est probablement avec Guilhem VI que l’on doit la formation définitive de Paulhan. En 1204, la seigneurie passa dans les mains des rois d’Aragon, du fait du mariage de Marie de Montpellier avec Pierre d’Aragon. Le château et le village furent alors des possessions des rois de Majorque jusqu’au XIVe siècle. Puis, vers 1340, la seigneurie de Paulhan, acquise semble-t-il lors d’une vente, passa à la famille de Veyrac et à ses successeurs, les familles De Sorbs et De Bernis jusqu’à la Révolution.

Tout au long des XIIe et XIIIe siècles, la vie se concentrait auprès de la vieille tour seigneuriale. Une nouvelle église dédiée à Sainte-Croix fut construite auprès de la forteresse primitive. A cette époque, le village se trouvait ennoyé dans les fortifications qui se fermaient par deux portes. L’espace de Paulhan étant devenu trop étroit, des mutations de la citadelle furent entreprises au cours du XIVe  siècle. L’extension du village connait une organisation spatiale plus rationalisée. On assista à la mise en place d’une véritable ville en miniature, où le système défensif s’accentua en 1382 avec le seigneur Raymond de Veyrac. Celui-ci autorisa la communauté à « édifier des murailles et faire des fossés », ce qui délimita un nouveau périmètre. On élargit alors le cercle en construisant de nouvelles palissades. C’est depuis cette époque que l’urbanisme de Paulhan se caractérise par trois cercles concentriques.

A partir du XVIIIe siècle, le bâti transgressa ces anciennes limites. De nouveaux quartiers émergèrent le long de la nouvelle route royale et ces faubourgs commencèrent à créer un fort contraste avec le village clos du Moyen Âge. De nos jours, l’héritage médiéval se voit à ces étroites ruelles, à la porte du sud de l’enceinte appelée le Pourtalet, ainsi qu’à une seule maison médiévale située rue de la Faucille. Le quartier ancien ne comprend que quelques maisons des XVIIe et XVIIIe siècles. Le plus vieux bâtiment est le moulin de Laures qui date du XIIe siècle. Construit sur l’Hérault, ce moulin à grain fut transformé au tout début du XXe siècle pour produire de l’électricité.

Le village s’est par la suite développé en altitude afin d’être hors de danger des inondations. Les viticulteurs au XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle ont construit leurs caves viticoles et leurs maisons le long de la route départementale, faisant de l’agglomération nouvelle un « village-rue » très différent de la partie base du village. Aujourd’hui, c’est sur le relief collinaire que naissent peu à peu les nouveaux quartiers.

En ce qui concerne l’économie de la commune, Paulhan vécut de polyculture pendant tout le Moyen Âge et l’époque moderne. Puis, au XIXe siècle, l’économie des villages se métamorphosa en monoculture basée essentiellement sur le commerce des vins et des raisins de tables. Ainsi, Paulhan, comme beaucoup d’autres communes, ne dérogea pas à cette règle.

En 1868, l’implantation de la gare fit connaître un nouvel essor à la commune. Grâce à la mise en place du chemin de fer, l’église paroissiale (troisième église dédiée à la Sainte Croix) fut construite ainsi que l’école Primaire Supérieure, ouverte en 1916 et la coopérative viticole en 1934.

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