Origine du nom

Le nom de Navacelles, alors « Nova Cella » apparaît pour la première fois dans le cartulaire de Gellone, en 1005.

Étymologiquement, « cella » signifie  grange.  Ce vocable avait au Moyen-âge un sens plus étendu qu’aujourd’hui et s’appliquait à l’ensemble des bâtiments de l’exploitation rurale. Quant à l’adjectif « nova », certains philologues restent fidèles au sens de  « nouvelle grange », tandis que Gaston Combarnous, penche plutôt pour la forme « nava » signifiant anciennement « creux ».

Pour arriver à la forme moderne de Navacelles, le nom a subi de nombreuses modifications depuis son origine. Ainsi, les archives de la mairie de Saint-Maurice nous informent que la forme médiévale « Nova cella » est devenue tour à tour: Novacelle, Neufuccelle, Novecelle, Noveselle, Novaselle. La forme contemporaine « Navacelles » n’est que le résultat des nombreux remaniements de l’orthographe des siècles passés.

Localisation (cliquer pour accéder à Google Maps)

La commune de Saint-Maurice-de-Navacelles est à 24 km de Lodève et à 23 km du Caylar. C’est un hameau situé dans les Grands Causses Méridionaux aux confins sud-est des Grands Causses du Larzac. Il est délimité au nord et à l’est par les profondes Gorges de la Vis et au sud par le massif de la Séranne qui domine tout le bas pays languedocien jusqu’au bord de la Méditerranée.

Histoire

D’une très grande superficie (6921 hectares), Saint-Maurice-de-Navacelles résulte de la fusion de trois  communes, à savoir Saint-Maurice, Navacelles et Madières ainsi que de 11 écarts (la Barre, la Baume-Auriol, le Castellet, la Cisternette, les Coucelles, le Mas de Rigal, la Prunarède, le Ranquas, le Ranquet, la Verrerie, le Viala)

La commune Saint-Maurice-de-Navacelles a été occupée depuis l’âge de pierre. Selon Georgette Milhau,  les vestiges de monuments préhistoriques répertoriés dans cette commune laissent présager que les hommes ont été présents sur le territoire dès le Mésolithique (-10000 à -5000 avant notre ère). Cependant, c’est avec le Néolithique (-5000 à -2500 avant notre ère) que les preuves d’occupation humaine laissèrent le plus de vestiges. Ainsi, les grottes des bords des gorges de la Vis ont laissé beaucoup de traces, comme des silex. A la fin de cet âge, le territoire paraît assez peuplé. Pendant le chalcolithique, l’existence de nombreux dolmens et menhirs sur le territoire témoigne de l’implantation de la civilisation mégalithique. Les outils trouvés lors des fouilles archéologiques illustrent une civilisation de pasteurs et de cultivateurs, des activités dont la pérennité s’est inscrite dans le temps. En ce qui concerne les nombreuses grottes de la commune, les études ont prouvé qu’elles avaient  des fonctions prédéfinies. Ainsi, on trouve une « grotte-poterie » à Sablières, comme une grotte d’habitation et de sépulture à Soulagets. Enfin, de -2000 à -500 ans, les fouilles archéologiques ont prouvé la formation de véritables villages préhistoriques.

S’en suit la période de la romanisation qui est en -118 avant notre ère, lors de la conquête romaine des territoires de la Gaule méridionale. De nombreux vestiges témoignent de cette colonisation. Il faut savoir qu’à l’époque romaine, le village s’appelait « Sanctus Mauritus de Alajone ». De ce fait, des pièces de monnaie, des tessons de poteries et des tuiles romaines, sont encore fréquemment rencontrés dans les champs, lors des labours. On sait également que des voies romaines secondaires, les « camins ferrats »  (signifiant les chemins ferrés), traversaient la commune. Ainsi, la voie qui allait de Lodève au Vigan passait par Saint-Maurice, au lieu-dit « Cap de Côste ».  De cette période, les fouilles révélèrent des vestiges de constructions solides, preuve que les romains ont traversé le territoire en y implantant quelques villae. Alors que s’achevait la domination de Rome, le fait marquant pour la fondation de l’agglomération, est l’introduction du christianisme. Dès le Ve siècle, son implantation y apporta un véritable élan dans la région. Des moines s’y établirent en plusieurs points, fondèrent des cellae autour desquelles des habitations et des « manses » ou mas se créèrent peu à peu. En conséquence, une villa ou un domaine rural se créa, ce qui a permis de constituer le noyau originel de Saint-Maurice-de-Navacelles. Après l’invasion des Wisigoths qui régnèrent sur la Septimanie jusqu’au VIe siècle, c’est au tour de l’invasion franque. Cette dernière occupation est confirmée par une lance franque trouvée à Navacelles. Pour ce qui est des invasions sarrasines du début du VIIIe siècle,  le manque de vestiges trouvés sur le territoire laisse entendre qu’elles ont eu peu d’impact.

C’est avec la dynastie des Carolingiens que commence l’histoire de la commune, connue cette fois-ci par des documents écrits. Ainsi, dans le testament de Guilhem en l’an 807, il est mentionné parmi ses biens : la Baume-Auriol et la villa appelée Madières. C’est dans une charte de 1005 qui énumérait les possessions du monastère de Gellone que le nom de Navacelles est mentionné pour la première fois, sous le nom de Nova cella.

C’est durant la période du Bas Moyen-âge, que la première paroisse à Saint-Maurice est attestée dans le cartulaire de Gellone en 1027. Le fief dépendait à cette époque de l’abbaye de Gellone et les moines de Saint-Guilhem, propriétaires de la plupart des terrains de Navacelles, jouèrent un rôle très important dans le développement agraire. Ce sont eux qui aménagèrent les premières cultures en terrasses (les faïsses), sur les terres les plus pentues afin d’optimiser les surfaces cultivables, aux XIe et XIIe siècles. Au XIIIe siècle, la commune passa  sous la domination des évêques de Lodève, ce qui engendra de nombreuses contestations dès le dernier quart du XIIIe siècle, de la part des seigneurs de Madières, de Novacelle et de la Baume d’Auriol qui refusaient cette autorité. Par la suite, les rois de France furent obligés d’intervenir à maintes reprises en faveur de l’évêque de Lodève. C’est également au XIIIe siècle que le château de Madières est mentionné. Durant les guerres de Religion du XVIe siècle, on sait que le cirque de Navacelles a été un lieu de refuge. Ainsi, la grotte appelée « Cingle du Fort », située sous la Baume-Auriol (en haut du cirque) permet de se remémorer les guerres de Religion. D’après les traces laissées, elle semble avoir servi de refuge de nombreuses fois au cours de l’histoire. Elles furent utilisées en particulier au temps des dragonnades.

En effet, le village de Navacelles est, avec Saint-Maurice, les deux principaux accès pour le cirque. Groupé autour du château des Seigneurs de Montcalm, les maisons en général à deux étages montrent que le village de Saint-Maurice-de-Navacelles a été très florissant par le passé. Ce dernier fut un centre d’agriculture important et jusqu’en 1939, le village a également été un centre reconnu de fabrication des boules cloutées, à partir des racines du buis.En ce qui concerne la prospérité économique de la commune de Saint-Maurice-de-Navacelles, c’est la polyculture qui s’est pratiquée, du XIe siècle jusqu’à l’aube du XXe siècle. Blé, orge, vignes, vergers, chèvres, moutons et cochons, sans oublier les truites et les écrevisses, fournissaient les denrées de base au Navacellois. Ainsi, la cité était autonome pour ses ressources alimentaires dès le Moyen Age. Sa prospérité économique est d’autant plus due aux commerces des produits de la rivière. De plus, les moulins à blé, installés sur le cours de la Vis, connurent une activité importante. On compte également la sériciculture qui avait, à Navacelles, une production modeste et familiale. Cette activité dura jusqu’à l’aube du XXe siècle. De nos jours, la polyculture s’est maintenant éteinte dans le cirque, la commune vit désormais principalement par l’activité touristique.

En ce qui concerne le bourg de Madières qui est le troisième village, il était autrefois un centre important de la soie et le siège d’une centrale hydroélectrique construite au début du XXe siècle. Madières possède également des maisons étagées en gradins qui dégringolent jusqu’à la rivière et les vestiges de son château médiéval sont toujours présents. Ainsi, Saint-Maurice-de-Navacelles possède une grande richesse historique mais c’est surtout pour son patrimoine naturel que la commune doit sa renommée.

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