Histoire

 

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Vue du chevet, église de Saint-Pargoire, Dufour Patrick/ Communauté de Communes Vallée de l’Hérault

C’est le document officiel de 807, signé par Louis le Débonnaire, qui fait état pour la première fois d’une église à Saint-Pargoire. Au IXe siècle, elle est mentionnée comme une dépendance de l’abbaye de Gellone qui gardera une influence jusqu’à la Révolution. C’est l’abbé de Saint-Guilhem qui décida de la fortifier au XIIe siècle. Le premier état de l’église de Saint-Pargoire est connu comme étant une modeste église paroissiale, bâtie en style roman aux XIe et XIIe siècles. De cette époque, seuls quelques vestiges ont été récemment découverts. A la fin du XIIIe et du début du XIVe siècles, Saint-Pargoire comme toute la région connait une période d’expansion économique, favorisant l’émancipation du village. C’est à cette époque qu’une nouvelle église plus spacieuse fut édifiée. Probablement érigée sur le tracé de l’église primitive, l’actuelle église de Saint-Pargoire est la plus grande église Gothique du canton.

Classé au titre des Monuments Historiques en 1862, elle symbolise la naissance de l’architecture gothique rurale méridionale.

Description 

Construite à la fin du XIIIe siècle et le début du XIVe siècle, l’église actuelle s’élève au cœur du village qui l’enchâsse. Elle est de plan basilical de 46 m sur 12,30 m et à une hauteur de 16,30 m. Loin des canons esthétiques des cathédrales du nord, l’architecture de l’église Saint-Pargoire réside dans cet art de compromis entre l’art roman et l’art gothique. Ainsi, elle se compose d’une unique nef, caractéristique du Gothique méridional. Elle est entièrement voûtée en ogive et ses travées sont séparées par des arcs brisés. La nef est plus spacieuse que le chœur qui a gardé son volume roman. L’abside polygonale, couverte d’une voûte d’ogives, est étroite et peu élevée. Cette différence de dimensions entre l’abside et la nef engendre un arc triomphal diaphragme, ajouré d’un oculus. Les surfaces murales, franches et dépouillées, sont percées de baies de modestes dimensions, caractéristique du Gothique méridional. Le clocher de l’église est d’une hauteur de 32 m, sur la façade occidentale. De plan carré, sa base comporte le porche d’entrée. Des piliers jusqu’au clocher, ce dernier est décoré de chapiteaux pourvus d’animaux fantastiques. C’est par ce porche, sous le clocher, que les fidèles entraient autrefois dans l’église. Ce n’est qu’au milieu du XVIe siècle que l’entrée actuelle, sur la façade sud, a été mise en service. Ornée de vitraux du XIXe siècle d’une qualité exceptionnelle, cette église est le témoin d’un âge d’or économique et architectural du village de Saint-Pargoire.

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Intérieur de l’église Saint-Pargoire, source internet

En ce qui concerne son aménagement intérieur, l’église n’a cessé de s’enrichir du XVIe siècle à nos jours. Le sol de l’édifice était autrefois en terre, c’est vers 1670 que le sol a été pavé avec de grosses dalles carrées de 50 sur 50 cm. Au XIXe siècle, ces dalles sont recouvertes par du ciment. Au fond de l’édifice, une tribune a été édifiée au XVIIe siècle pour recevoir les différents ordres ou confréries (le Saint-Sacrement, les Pénitents Bleus, Blancs…) qui ont longtemps existés à Saint-Pargoire. Cette tribune fut démolie lors de la restauration entreprise par les Monuments Historiques. L’église n’a cessé, au cours des siècles, de se parer de chapelles et de statues. Ainsi, on trouve au fond à droite, la chapelle Saint-Roch, à gauche une chapelle où se trouvait le baptistère moderne. En face de l’entrée principale se trouve la statue de saint Antoine et à côté du bénitier, la statue de Sainte-Thérèse. Au total 14 statues ont pris place dans l’église. Pour la décoration du chœur, les sept pans de mur étaient jusqu’à une période récente ornés de sept tableaux représentant les sept sacrements (copies des sept sacrements de Nicolas Poussin). On compte également un somptueux maître-autel et deux rangées de stalles de chaque côté du chœur qui étaient destinées à recevoir des membres du clergé de passage ou des séminaristes en formation à Saint-Pargoire. Enfin, une belle table de communion en marbre séparait le chœur de la nef. Tout ce décor, accumulé au fil des siècles, a en partie disparu lors des travaux de rénovation des Monuments Historiques.

D’une grande richesse patrimoniale, l’église de Saint-Pargoire s’inscrit dans l’originalité en perpétuant les expériences romanes dans des formes architecturales venues du nord. Entre adaptation et résistance, l’église fait partie des plus intéressants édifices représentant le Gothique méridional dans le département.

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