Origine du nom

Le village prit le nom de Saint-Pargoire en 807, au moment où il fût donné, avec son église, par Louis le Débonnaire au monastère de Gellone. Saint Pargoire était un riche seigneur qui faisait partie d’un groupe de chrétiens venus de Lybie. Fuyant la persécution des païens, ils débarquèrent sur l’île de Corse, au début de IIIe siècle. La Corse, à cette époque, était une dépendance de l’empire romain, où son gouverneur persécutait les chrétiens. Ainsi Pargoire et ses compagnons furent martyrisés. Leurs restes ont été transportés à Noli, près de Savone, dans l’ancien État de Gênes, où la cathédrale leur est dédiée. On représente ordinairement saint Pargoire monté sur un cheval, entouré de ses compères.

Localisation (cliquer pour accéder à Google Maps)

Saint-Pargoire est le village le plus au sud du canton de Gignac. Géographiquement situé au centre du département, Saint-Pargoire se trouve à 35 km de Lodève et de Béziers et à 45 km de Montpellier. De ce fait, Saint-Pargoire pourrait être un carrefour. La commune s’étend en bordure des garrigues arides qui surplombent Villeveyrac, à la rive gauche de l’Hérault. Son point culminant se trouve à 190 m d’altitude au Mas de Vedel, tandis que son point le plus bas est à 25 m, au château de Rieutor.

Histoire 

D’après des recherches archéologiques, les premières occupations humaines de Saint-Pargoire et sa région dateraient de -3500 à 3000 ans avant notre ère. Des silex, flèches et haches en pierre polie ont été retrouvés, manifestant la présence de la culture chasséenne. En 1867, le dolmen dit de la Roquette fut découvert. Ce dernier pourrait dater d’une tribu vivant au Néolithique final, soit entre -2800 à -2500. Cependant, il convient de situer l’origine du village dans le cadre de la conquête des Gaules, en -118 avant notre ère. Dans la campagne Saint-Pargorienne, des débris d’amphores, de tegulae et de pièces de monnaie prouvent cette colonisation pendant près de 500 ans. Trois grands sites gallo-romains ont été retrouvés, dont un, Miliac, constitue la genèse du village. Le nom de Miliac proviendrait du nom d’un colon ou d’un groupe de colons qui après la conquête romaine se seraient installés dans ce tènement. Miliac, première appellation de Saint-Pargoire était un grand domaine, dont une partie s’étendait sur la future commune.

Après les invasions barbares successives, on arrive au IX° siècle. Selon une charte datée des années 804 et 807, Louis le Débonnaire, roi d’Aquitaine donna, en 807, « le fisc de Miliac, son village et l’église Saint-Pargoire » à l’abbaye de Saint-Guilhem. Du coup, de 807 à 1789, les abbés de Saint-Guilhem influencèrent fortement la vie religieuse et administrative de Saint-Pargoire.

 

 

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Vue aérienne de Saint-Pargoire, 4Vents_Communauté de Communes Vallée de l’Hérault

 

Pendant près de mille ans, du début de l’époque romaine au XIe siècle, il n’y a pas eu véritablement de village. Sur l’emplacement actuel de la commune, seul un hameau groupant tout au plus une centaine d’habitants existait autour d’une petite église de style roman, d’un château disparu, ainsi que de deux ou trois ruelles. C’est à partir du XIe siècle que Saint-Pargoire va « s’encasteler[1] ». Avec toutes les invasions subies, les habitants quittèrent leurs mas et hameaux pour obtenir la sécurité.  Les remparts de Saint-Pargoire furent construits à partir de 1165. Ces murailles étaient situées en bordure de ruisseaux lesquels constituaient une première protection naturelle. Ce n’est qu’au XIXe siècle que  ces ruisseaux ont été recouverts. Depuis, avec les maisons qui se sont progressivement appuyées sur les remparts, la forteresse a presque disparu mais elle garde son aspect défensif particulier. En effet, les photos aériennes montrent que le bourg a depuis le XIIe siècle une forme circulaire qui rappelle la coquille d’un escargot. Cette « circulade » était une protection caractéristique des villages languedociens qui étaient construits, sur une butte ou un promontoire, autour d’une église souvent fortifiée, ou d’un château-fort central. Ainsi, les murs de l’agglomération s’enroulent autour de l’église selon les dénivellations du terrain et les méandres du ruisseau du Pontel. L’implantation de l’enceinte témoigne également de l’évolution économique du village. Un essor qui s’explique par les progrès de l’époque, en matière d’agriculture (ses techniques, ses outils et les superficies cultivées). Monique Bourrin-Derruau, dans son ouvrage « Villages médiévaux du Bas Languedoc », constate un vif accroissement de la superficie viticole, aux Xe et XIe siècles, dans le territoire de Saint-Pargoire et sa région. A partir de cette époque, la viticulture va majoritairement contribuer à la prospérité du village. D’autres ressources vont progresser au XIIe siècle. Ce sont les cultures de : céréales, blé, orge et oliviers. Au cours du Moyen Âge, toutes ces productivités amenèrent donc un rapide accroissement de la population.

En ce qui concerne la seigneurie de l’époque, elle était constituée de la famille de Pons de Bessan, du seigneur de Popian et surtout de l’abbé de Saint-Guilhem qui est le principal seigneur de Saint-Pargoire. Ces autorités vont cependant commencer à décroître peu à peu, grâce à la mise en place, au XIIIe siècle, du consulat. La situation du village, à la fin du Moyen Âge, se caractérise par une autonomie acquise par ses habitants. L’époque moderne est marquée par les troubles religieux qui tiraillent tout le pays. En bas Languedoc, le protestantisme s’implanta fortement entre le XVIe et le XVIIIe siècles. On pense que le village de Saint-Pargoire fut touché par la Réforme en 1561. A la fin du siècle, il y avait une grosse communauté. Du XVIe au XIXe siècles, les protestants de Saint-Pargoire ont pu vivre relativement en paix leur religion. Au XIXe siècle, ils ont même pu édifier une école, un temple en 1828 et un cimetière protestant, bâti en 1860.

Pendant la Révolution, Saint-Pargoire se trouve en division politique. Les élections de 1790 ont élu deux maires, ce qui provoqua une véritable anarchie. Le 8 novembre 1790, une émeute éclata et le département cassa les élections qui furent finalement faites dans l’église, le 29 novembre, en présence de l’armée. Par la suite, Saint-Pargoire obtint la mise en place d’une municipalité légale et devient, la même année, chef-lieu du canton. A cette révolution politique s’ajouta une révolution religieuse qui est marquée par la vente des biens nationaux. Le château de Saint-Pargoire est vendu, accompagné des terres qui dépendaient de l’abbaye de Saint-Guilhem. S’ensuit la période de la terreur qui de 1793 à 1794 sema au village, des troubles religieux, politiques et économiques. Le calme revint enfin sous le Directoire, où une nouvelle municipalité est installée. En terme économique, le Saint-Pargoire du XVIIIe siècle continua sa traditionnelle polyculture (vignes, céréales, oliviers). C’est avec le XIXe siècle que la commune se spécialisa dans la viticulture. De 1850 à 1950, le village s’industrialisa et développa à la fois la viticulture, le commerce local et l’artisanat. De nos jours, Saint-Pargoire compte une superficie de 2500 ha, dont 950 ha sont plantés de vigne.

[1] : Ce terme désigne les villages languedociens qui ont construits une enceinte protectrice fortifiée.

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