Origine du nom

Au Moyen Âge, quand la population d’une agglomération, hors la noblesse et le clergé, formait une association pour traiter des affaires courantes, le nom de « commune » évoquait la ville même. Mais cette simple image a changé depuis que les bourgades sont des divisions territoriales dont le contrôle est assuré par l’Etat. Cependant, dans la région où l’habitat est resté dispersé, les limites communales gardent l’empreinte de l’Histoire. Ainsi, le nom du village de Saint-Privat sert à désigner la commune, tandis que c’est au village des Salces que l’on trouvera l’église paroissiale, la mairie et l’école. Le toponyme de Saint-Privat rend hommage, comme beaucoup de communes françaises, au premier évêque du Gévaudan, martyr du IIIe siècle. En revanche, l’étymologie des Salces provient du latin salicem signifiant saule et annonce des lieux situés près des eaux et plantés de saules.

Localisation (cliquer pour accéder à Google Maps)

La commune de Saint-Privat est située au nord du département de l’Hérault, dans le canton de Lodève. Elle est adossée aux contreforts du plateau du Larzac et est formée d’une succession de talus rocheux abrupts et de replats. La commune est composée de trois villages : Saint Privat, les Salces et la Rouquette.

Histoire

Le village de Saint-Privat possède un certain nombre de monuments mégalithiques attestant l’occupation préhistorique de la région. Les menhirs de Trivalle, les dolmens de Grandmont, de la Bruyère d’Usclas, du Pioch Redon ou du bois de Marou sont autant de vestiges présents sur le territoire. La commune est traversée par le ruisseau de Maro qui prend sa source sous les falaises du Larzac, puis passe au pied du village. Si l’origine de Saint-Privat remonte à l’époque préhistorique et gallo-romaine, la formation de l’agglomération a véritablement lieu au Moyen Âge. A cette époque, le seigneur du lieu avait le droit de haute, moyenne et basse justice. En 1281, Béranger Ier de Boussagues, évêque de Lodève, acheta pour 3000 sous melgoriens, tout ce que Bernard de Montpeyroux possédait dans le territoire de Saint-Privat.  Puis, au début du XVe siècle, c’est la seigneurie des Clermont de Nigri (apparentés à la famille des Guilhem de Clermont) qui prirent possession de la seigneurie du Bosc, de Saint-Privat et de Malavieille. A cette époque, les étroites ruelles et maisons s’articulaient autour du château seigneurial et s’étageaient sur la rive droite du Maro. Construites en grès du pays, certaines sont représentatives de l’architecture de la Renaissance (fenêtres à meneaux et traverses, linteaux ouvragés, etc.). Le village a su conserver sa configuration médiévale, où deux artères principales traversent Saint-Privat. L’une, la rue droite, dessert le « quartier bas » et aboutit à la porte nord-est, l’autre, dessert le « quartier haut » jusqu’à la porte sud-ouest.

Au niveau de son économie, la commune prospéra grâce à la polyculture. Cependant, l’originalité de ses richesses repose sur l’exploitation du grès. Depuis l’époque gallo-romaine, le grès fut utilisé. Au Moyen Âge, il servit pour la fabrication des stèles discoïdales et, de par sa dureté, il s’est avéré être le matériau idéal pour la fabrication des meules d’affinage.

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Village de Saint-Privat, par Sapin88, via Wikimedia Commons

C’est à la fin du XIXe siècle, que les habitants de Saint-Privat ont compris que le grès avait la particularité d’être un excellent abrasif (sédimentation de débris de quartz). Matériau idéal pour affûter les outils en métal mais aussi pour polir le marbre. Le grès était taillé en forme cylindrique et monté sur un axe généralement horizontal. Les meules fabriquées à Saint-Privat étaient très utilisées par les rémouleurs. Très vite, les petits exploitants comprirent le bénéfice qu’ils pouvaient obtenir d’une organisation structurée, aussi, ils constituèrent deux associations : la Société Fraternelle (1889 – 1936) et l’Association Générale (1909 – 1920). Les membres s’engageaient alors à ne pas vendre leur production autrement que par leur association. Jusqu’au début du XXe siècle, les meules quittaient le territoire communal sur des charrettes qui les acheminaient jusqu’à Lodève (manufactures textiles) ou jusqu’à Montpellier et Sète. Les meules étaient ensuite transportées en bateau jusqu’en Italie où elles étaient utilisées pour polir le marbre. La création de la ligne de chemin de fer (1863) facilita le transport des meules vers différents ports comme Sète, Marseille, et le Port Saint-Louis.

C’est dans le dernier tiers du au XIXe siècle que Saint-Privat, comme toute la région, développa son vignoble. Dès les premières années de l’Empire, la frénésie des plantations commença. Une rapide expansion qui s’explique par l’établissement des chemins de fer, abaissant le coût des transports. En ce qui concerne les vignobles de Saint-Privat, ils ont pu bénéficier du chemin de fer qu’à partir de 1858, où la ligne de Lodève fut reliée à Sète.

D’un autre côté, l’économie de Saint-Privat se faisait aussi grâce à une industrie domestique du ver à soie, où des traces de cette activité ont été trouvées, à proximité des habitations. Cette industrie subsista dans la commune, comme dans les Cévennes, jusqu’au début du XXe siècle.

Au niveau du village des Salces, il est le plus important des trois villages, de par le nombre d’habitants mais aussi par le fait qu’il y possède l’école et la mairie. Les sources sont particulièrement abondantes sur le flanc de la montagne, ce qui permet l’irrigation des parcelles situées entre Saint-Privat et les Salces (appelées « les Canals »).

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Vue sur le village des Salces, par Sapin88, via Wikimedia Commons

La Rouquette est située à 3 km environ au sud des Salces. La Rouquette est le plus petit des hameaux. Il est situé sur les pentes de la rive droite du ruisseau de Vaîrousse, Tout comme à Saint-Privat, les maisons sont orientées vers le soleil levant.

Dans l’ensemble, le village de Saint-Privat se distingue par la densité de ses constructions, la cohérence et la simplicité à la fois, de son urbanisation qui lui confèrent un certain cachet. Déserté il y a encore une vingtaine d’années, il doit sa renaissance aux acquéreurs étrangers (anglais essentiellement) qui, séduits par ce village, ont souhaité lui redonner une âme. Aujourd’hui le village de Saint-Privat est remarquable pour ses vestiges de fortification avec un donjon du XIIe siècle, ses rues pittoresques en partie taillées dans le grès et sa fontaine romane en bas du village.D’une architecture traditionnelle, l’habitat correspond à une population laborieuse. Ses ruelles étroites, ses habitations, serrées et imbriquées, construites le plus souvent en schiste et en grès orangé, lui donnent une grande qualité architecturale.

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